Bamako, 26 mai 2025 – Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a récemment présenté son Programme d’Action Gouvernementale (PAG) devant le Conseil National de Transition (CNT). Un exercice politique non contraint par la Constitution, mais jugé utile pour exposer les orientations du gouvernement. Ce discours a cependant mis en lumière les nombreuses insuffisances du processus de transition malienne après près de cinq années de gestion militaire.
Bien que l’intervention ait été accueillie sans heurts par les membres du CNT, de nombreux observateurs estiment qu’elle a davantage relevé de la mise en scène que d’un véritable acte républicain. En effet, la nouvelle Constitution prévoit une présentation du PAG devant un Parlement bicaméral, inexistant à ce jour. Le recours au CNT comme substitut institutionnel laisse donc planer un doute sur la portée réelle de cet exercice.
Le chef du gouvernement a ainsi saisi l’occasion pour réaffirmer les engagements de l’exécutif, tout en dressant un tableau chargé de défis non résolus. Les secteurs clés comme la sécurité, l’éducation, l’emploi, le pouvoir d’achat ou encore l’énergie continuent de faire face à des difficultés majeures, malgré des promesses récurrentes de redressement.
En matière de sécurité et de défense, le PAG souligne la persistance des menaces sur une large partie du territoire. Malgré les efforts annoncés, la couverture administrative reste incomplète, et les moyens déployés ne semblent pas à la hauteur des enjeux. La stabilité tant espérée reste hors de portée, au prix de sacrifices budgétaires significatifs.
Le secteur éducatif, quant à lui, souffre toujours de la fermeture massive d’écoles, sans que des solutions concrètes aient été avancées. Les engagements de construction de nouveaux établissements paraissent irréalistes au vu des délais annoncés et des ressources disponibles.
Concernant l’emploi, aucune politique d’envergure n’a été dévoilée. Le départ de partenaires étrangers, comme la MINUSMA, a considérablement réduit les opportunités économiques. La situation s’aggrave avec le retrait d’organisations autrefois actives dans le soutien à l’emploi local.
Sur le plan économique, malgré les exonérations fiscales et mesures d’urgence, la cherté de la vie reste une préoccupation majeure. Le gouvernement propose de nouvelles initiatives, telles que l’importation massive de produits de première nécessité et la distribution gratuite de céréales, mais sans stratégie claire pour une autosuffisance durable.
Le déficit énergétique, également abordé, demeure un frein important au développement. Le PAG remet en avant des projets de centrales solaires déjà annoncés depuis plus de deux ans, mais dont l’avancement reste flou.
Enfin, le dossier électoral illustre le manque de volonté politique à rétablir un processus démocratique transparent. En tant que ministre de l’Administration territoriale, Abdoulaye Maïga incarne cette impasse, marquée par la suspension des partis politiques, des retards répétés, et l’incertitude sur la tenue de futures élections.
Ainsi, loin de rassurer, le PAG dévoile les limites d’une transition malienne qui s’enlise, entre défis non surmontés et ambitions proclamées. Une situation qui renforce le scepticisme des citoyens face à un avenir institutionnel encore incertain.











