Le général Mamadi Doumbouya, chef de la junte au pouvoir en Guinée, a révoqué les permis d’exploitation de deux compagnies minières locales, Guiter Mining et Kebo Energy SA, lors d’un décret officiel. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures visant à renforcer le contrôle de l’exploitation minière dans le pays.
Deux permis d’exploitation révoqués par décret officiel
Le vendredi soir, les autorités guinéennes ont annoncé le retrait des permis d’exploitation de deux compagnies minières locales, Guiter Mining et Kebo Energy SA, à travers une série de décrets lus sur la télévision nationale. Aucune explication officielle n’a été fournie concernant les raisons précises de cette décision, mais elle s’inscrit dans le cadre d’un effort de réorganisation du secteur minier.
La Guinée, reconnue pour ses vastes réserves de bauxite, de fer, d’or et de diamants, attire de nombreuses entreprises locales et étrangères pour l’exploitation de ses ressources naturelles. Cependant, le pays peine à tirer pleinement profit de cette richesse, les bénéfices étant souvent concentrés entre les mains des compagnies exploitantes plutôt que de la population.
Un renforcement des contrôles miniers en Guinée
Le jeudi, le général Mamadi Doumbouya a ordonné le retrait des permis de toutes les compagnies minières ne respectant pas les normes établies par le code minier du pays. Cette décision vise à imposer une meilleure régulation et une conformité stricte aux règles en vigueur.
Selon le ministre de l’Information, Fana Soumah, le chef de l’État a également demandé au ministre des Mines, Bouna Sylla, de lui soumettre une proposition visant à interdire l’exportation de l’or brut. Cette mesure anticiperait l’ouverture prochaine de la première usine de raffinage d’or en Guinée, un projet stratégique pour renforcer l’autonomie du pays dans le secteur aurifère.
L’exploitation minière, une priorité nationale
Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2021, à la suite du renversement de l’ancien président Alpha Condé, le général Mamadi Doumbouya a fait de l’exploitation des ressources minières une priorité pour le développement économique du pays. Toutefois, malgré ses richesses naturelles, la Guinée reste l’un des pays les plus pauvres du monde.
Les experts pointent du doigt plusieurs freins à cette croissance : un manque d’investissements dans les infrastructures de base, telles que les routes, une corruption persistante et un cadre juridique jugé insuffisant pour encadrer l’exploitation minière. Ces obstacles limitent les retombées économiques pour les populations locales, alors que le secteur extractif continue de prospérer.
Perspectives d’avenir pour le secteur minier guinéen
Avec l’annonce de ces nouvelles mesures, les autorités affichent leur volonté de mieux encadrer le secteur minier, en misant sur un contrôle accru des entreprises et une transformation locale des ressources. L’usine de raffinage d’or, attendue dans les prochains mois, pourrait marquer un tournant décisif pour l’industrie minière guinéenne.











