Les autorités maliennes de la transition ont annoncé, ce 7 mai 2025, la suspension immédiate des partis politiques et mouvements associés. Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions entre pouvoir et opposition.
Le gouvernement malien interdit temporairement les activités politiques
Le gouvernement de transition au Mali a franchi une nouvelle étape dans sa gestion du paysage politique en suspendant, à compter de ce 7 mai 2025, toutes les activités des partis politiques, associations et mouvements à caractère politique. Cette mesure, annoncée par décret présidentiel et lue à la télévision nationale, est motivée par des « raisons d’ordre public », selon les autorités.
Cette annonce intervient alors que la tension ne cesse de croître entre les forces de la transition et les partis politiques. Le climat politique, déjà fragile, a été encore plus tendu par les récents affrontements verbaux et institutionnels autour de la place accordée aux partis dans la gouvernance actuelle.
Des tensions politiques persistantes
Depuis plusieurs semaines, un bras de fer s’est engagé entre les autorités de la transition et les leaders politiques. En toile de fond, une série de décisions gouvernementales ont alimenté la discorde. Notamment, la récente abrogation de la charte des partis politiques, actée par décret, a provoqué une vague de contestation. Cette suppression découle des recommandations émises lors des dernières consultations des forces vives de la nation portant sur la relecture de la charte.
En réaction, la classe politique malienne a exprimé son mécontentement et affirmé son refus de voir ses structures dissoutes. Plusieurs formations politiques ont appelé à la mobilisation pour défendre la continuité du multipartisme et exiger un retour rapide à un ordre constitutionnel normal.
Des rassemblements empêchés, la mobilisation continue
Un précédent rassemblement avait été empêché par les forces de sécurité une semaine auparavant, renforçant les accusations de dérive autoritaire. Malgré cette interdiction, les partis avaient déposé une nouvelle demande de manifestation au gouvernorat du district pour le 9 mai 2025, avec l’objectif de dénoncer la transition politique prolongée et d’exiger une reprise du processus démocratique.
Avec cette suspension officielle des activités politiques, les perspectives de dialogue semblent encore plus compromises. Ce geste gouvernemental est perçu par de nombreux observateurs comme une tentative de museler l’opposition dans un contexte où la transition politique, censée être temporaire, tarde à déboucher sur des élections libres.
Une décision aux répercussions multiples
La portée de cette mesure va bien au-delà des sphères politiques. Elle risque d’impacter la société civile, les libertés publiques et la confiance de la population envers les institutions. Pour beaucoup, cette décision marque un tournant préoccupant dans la transition politique en cours, où les voix dissidentes pourraient être durablement étouffées.
Il reste à voir si la suspension sera temporaire ou si elle ouvrira la voie à une reconfiguration profonde du système politique malien. En attendant, le pays entre dans une phase d’incertitude où les équilibres démocratiques sont mis à rude épreuve.











