À quelques mois de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, la tension politique s’intensifie en Côte d’Ivoire. La coalition CAP-CI organise un grand rassemblement à Abidjan pour contester l’exclusion de plusieurs figures majeures de l’opposition.
L’opposition ivoirienne mobilisée face à une élection controversée
Alors que la présidentielle du 25 octobre 2025 approche, l’atmosphère politique en Côte d’Ivoire devient de plus en plus tendue. Une vingtaine de formations politiques regroupées sous la Coalition pour l’alternance pacifique (CAP-CI) ont annoncé, lors d’une conférence de presse tenue le 5 mai, l’organisation d’un grand meeting populaire le 31 mai à Abidjan.
Ce rassemblement est présenté comme une réponse à l’exclusion de plusieurs candidats de l’opposition du processus électoral. Parmi eux figure Tidjane Thiam, cadre influent du PDCI, écarté après que la justice a invalidé sa présence sur la liste électorale en raison d’un jugement déclarant qu’il aurait perdu sa nationalité ivoirienne. Cette décision, rendue publique le 22 avril, a déclenché une vague d’indignation parmi ses partisans.
Des figures majeures écartées du scrutin
Outre Tidjane Thiam, trois autres personnalités politiques de premier plan sont également exclues de la course présidentielle : l’ex-président Laurent Gbagbo, l’ancien chef de rébellion Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, tous confrontés à des condamnations judiciaires. La CAP-CI exige leur réintégration dans le processus électoral, jugeant ces exclusions arbitraires et politiquement motivées.
Appel à la mobilisation démocratique
Lors de la conférence, Simone Ehivet Gbagbo, ancienne Première dame et porte-parole de la coalition, a réaffirmé la détermination de l’opposition à utiliser « tous les moyens démocratiques pour faire entendre la voix du peuple ». Des rassemblements dans les quartiers et diverses actions citoyennes sont aussi prévus en amont du meeting.
Elle a également exprimé son inquiétude face à « la dégradation du climat socio-politique », mettant en garde contre les risques de tensions si le dialogue politique demeure bloqué. « Nous voulons une élection sans violence, transparente et inclusive », a-t-elle insisté.
Un pouvoir silencieux mais observé
De son côté, le parti au pouvoir n’a pas encore désigné de candidat officiel. Toutefois, l’actuel chef de l’État, Alassane Ouattara, âgé de 83 ans, n’a pas exclu la possibilité de briguer un nouveau mandat. Cette incertitude contribue à entretenir les spéculations et à exacerber les tensions.
Vers une campagne sous haute surveillance
À moins de cinq mois de l’échéance électorale, la mobilisation de la CAP-CI pourrait marquer un tournant dans la campagne. Le meeting du 31 mai à Abidjan s’annonce comme une démonstration de force pour contester un processus jugé inéquitable et appeler à un scrutin ouvert à toutes les sensibilités politiques du pays.











