Des rassemblements d’envergure ont eu lieu à Abidjan en soutien à Tidjane Thiam, écarté de la liste électorale. Les militants du PDCI dénoncent une décision qu’ils jugent injuste à quelques mois de la présidentielle d’octobre 2025.
À cinq mois de l’élection présidentielle prévue en octobre 2025 en Côte d’Ivoire, la tension monte au sein du paysage politique. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a lancé une série de manifestations pour dénoncer la radiation de son président, Tidjane Thiam, de la liste électorale. Cette décision de la justice ivoirienne repose sur une perte supposée de nationalité au moment de son inscription en 2022.
Le mouvement de contestation a pris de l’ampleur à Abidjan, où deux rassemblements successifs ont réuni des milliers de militants. Le 3 mai, une vaste mobilisation s’est tenue dans la capitale économique. Le lendemain, 4 mai, environ 1 000 jeunes du PDCI se sont réunis au siège du parti, situé à Cocody, pour exiger la réintégration de leur leader.
« Sans Tidjane Thiam sur la liste électorale définitive, il n’y a pas d’élections possibles », a martelé Henri Joël Kouadio, président de la jeunesse estudiantine du PDCI. Il appelle à transformer les paroles en actions concrètes pour défendre la légitimité de leur candidat.
Une nouvelle mobilisation est prévue pour le 8 mai dans le quartier du Plateau, au moment même où le tribunal d’Abidjan examinera un recours judiciaire visant à remettre en cause la présidence de Tidjane Thiam au sein du PDCI. Une militante du parti a en effet déposé une plainte, s’appuyant sur des arguments liés à sa nationalité.
Pour Jacques Ehouo Gabriel, député-maire du Plateau et responsable de la jeunesse au sein du parti, ce recours judiciaire s’apparente à une manœuvre politique : « On ne peut pas rester silencieux face à ce qui semble être une instrumentalisation de la justice », a-t-il affirmé.
La tension est également palpable chez d’autres figures du parti. Dia Houphouët Augustin Yohou, secrétaire exécutif chargé de la mobilisation, n’a pas caché son exaspération : « Ce qui arrive à notre président est la goutte d’eau qui fait déborder le vase », a-t-il déclaré, appelant à un sursaut collectif pour faire reculer le RHDP, au pouvoir.
Le suspense demeure autour de la liste définitive des candidats, attendue pour le 20 juin. Le président sortant, Alassane Ouattara, n’a pas encore dévoilé ses intentions pour le scrutin. Quant à Laurent Gbagbo, ancien chef de l’État, il reste écarté de la course en raison d’une condamnation judiciaire datant de 2018.
Le bras de fer entre la justice et l’opposition ne fait que commencer, et les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir politique de Tidjane Thiam et de son parti.











